17.02.2012

Onomatopées

Prélude

Bjoing, on se lève, clac, on referme la porte, clic, on tire sur la gâchette que plus tard pourrira nos nuits. Ding, on entend le tramway arriver, voum, il roule jusqu’à destination. Clic clac, le lit est fait, bouh, bouh je suis adossé à la porte, je ne sais pas où je mets les pieds. Plock, bunk, chaussures, kling, ceinture, boum, poum, manteau, pull, t-shirt, pantalon sont par terre. Bjoing, je m’assois, glm, je ne veux pas échapper, glou glou, j’entends, fschhh, je ressens, hummm, humm, han !, plonk, fschhh, humm, han ! Argh, han ! Slam, il est aux toilettes, j’attends. Mua, smak, on se repose, on se serre, on s’en dort. Zzz, zzz. Bip, bip, bip, slash, bip, bip, bip, mua, smak. Ding, j’entends le tramway arriver, voum, voum. Tic, tic, tic, tic, clic, gzzzt la gâchette se débloque, slash, la porte claque, clac ma porte s’ouvre, boum je tombe dans le lit, z z z, zzz, z z z, je pense à ce qui s’est passé, à ce qui se passera.

14.02.2012

Incompréhension

Comme une de ses 36000 choses dont on n’a rien à cirer, un certain acteur qu’on peut reconnaître sous tous les angles et toutes les coutures avait annoncé en décembre 2011  d’avoir « pris la sage décision d’arrêter LE PORNO GAY » pour se lancer dans un tout nouveau défi, certainement en relation avec son passé hétéro. Tout laissait penser qu’il voulait revenir « dans le droit chemin » et oublier les bons moments passés en en bonne compagnie masculine. Sauf que, lorsqu’on le croise dans un endroit où la sexualité des clients ne se prête pas au doute car ils y vont pour suer et se délecter délester, on se pose des questions. Puis lorsqu’on apprend qu’il sera la vedette d’une douche où même l’eau chaude est froide sur celui qui se lave, on ne comprend plus rien sur le nouveau défit car on le voit toujours faire la même chose qu’à l’écran avant ses adieux.

09.02.2012

Dictionnaires

Je réfléchis, avec lui en école primaire, j'ai appris à maîtriser l'ordre alphabétique, même si depuis mon tout premier dictionnaire, l'ordre des lettres a été bouleversé au point que deux d'entre elles ont disparu. Ce poids lourd et mort m'a aidé à m'affranchir des ordres incohérentes de mes professeurs, « Vous devez avoir toujours un dictionnaire dans votre sac », « Même si on ne l'ouvre que deux fois par an » marmonnais-je. Il m'a permis de m'abstraire du monde trop bruyant lorsque les autres tuaient le temps libre avec des activités et jeux stupides. J'y cherchais l'orthographe des mots inconnus en partant de ceux que je connaissais quand mon imagination était bridée par un devoir surveillé. J'essayais d'augmenter mes connaissance prohibées en regardant des schémas ou en cherchant des mots connotés qui ne sont pas forcement référencés. Je m'en inspire même pour écrire de souvenirs.

03.02.2012

Livreurs

Le métier de livreur n'est pas parmi les plus simples au monde. Conduire, trouver une adresse, déplacer des colis souvent lourds et peu manœuvrables et surtout porter des pantalons sans ceinture  de façon à ce qu'une fois accroupi le spectacle du sillon interfessier non entretenu soit systématique font partie des tâches de leur quotidien. Lorsqu'on arrive chez un client, il peut apercevoir quelques détails le mettant mal à l'aise, une collection de livres photographiant des beaux hommes légèrement vêtus, une revue au titre buté et non-équivoque voire une photo montrant tendrement ses clients. Dans ces cas, sa peur irrationnelle le contraint à serrer le dents, remonter le plus possible son pantalon et travailler le plus vite possible. Ce qu'il ne veut pas savoir c'est qu'il est hors de tout danger tant que son attitude et son physique ne ressemblent pas à ceux de Paolo Andino jouant Naldo [ndlr il s'agit d'un personnage du Big Gay Sketch Show, déménageur latino déplaçant des objets de façon sexuellement explicite sans s'en apercevoir, ce qui excite sa clientèle gay masculine]

31.01.2012

Un bouquet de chêne rouge

Au dessus de moi le ciel gris, seulement un ange doré rompt sa monochromie. L'air froid me couvre, après quelques minutes, il commence à engourdir légèrement mes doigts et à étirer la peau de mon visage, ce n'est pas confortable. Eux arrivèrent sous la lumière froide des réverbères , ils préparèrent leur étalage dont la vivacité contraste et surprend dans cette matinée d'hiver, leurs corps doivent être rigides et endoloris malgré le nombre important de vêtements superposés. Dans ces conditions, il me reconnaît et m'accueille d'un charmant bonjour et d'un beau sourire, il prend ma commande et la sert avec une dextérité surprenante. J'entends une phrase sans la comprendre,  « ...parfum ... sentir... », je la reconstitue machinalement, j'en conclus qu'il parle du parfum des légumes. Ma réponse ne lui satisfait pas, il répète et complète, il parle de moi, de mon odeur « ça sent le bon parfum » voulait dire « Vous sentez le bon parfum », en le remerciant pour le compliment mes yeux se baissent et remarquent les salades couleur rouge, j'en demande une. Il place les courses dans le sac en finissant par cette dernière. J'entame le chemin du retour, mes mains font mal mais j'oublie, sa phrase tourne dans ma tête, je suis sûr de ne pas sentir particulièrement le bon parfum. Je range les marchandises et je remarque sur la table le bouquet que la salade et son enveloppe constituaient. Je revois les yeux verts de mon maraîcher me disant « vous sentez le bon parfum »