29.03.2012
Le rêve hindou
De tout près nous sommes postés pour voir les couleurs, les paillettes, les tissus, les pas et la chair. Les trois premiers sont exubérants, avec eux, l’image rêvée d’une inde polychrome exquise scintille, toute image réelle est chasée par la beauté de ce décor imaginaire. L’avant dernier ensemble est exécuté magistralement malgré deux erreurs que même un œil non expert repère méritant d’être sévèrement punies. Quant au dernier, ces muscles ne peuvent être que la récompense d’un travail ardu et acharnée, contrairement à ceux qui modèlent leur corps seulement pour ressembler aux mannequins imprimés sur papier glacé, la musculature de ces hommes est magnifique car c’est la conséquence imparfaite de la recherche de la perfection dans le mouvement. Résultat heureusement visible sur scène car ces beautés comblent bien l’absence d’histoire de cette chère Bayadère.
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15.03.2012
Violence verbale
Ne pas savoir exprimer ces émotions peut engendrer de la violence physique, en tout cas cela a été dit une fois il y a des années dans le quotidien de référence. Pas plus tard qu’avant hier en écoutante la complainte de Don Ottavio et les airs de Doña Anna et Doña Elvira, je savais que j’allais m’énerver contre moi-même quelques heures plus tard. Il m’est toujours très simple de dire « C’était triste comme il le fallait », « J’ai beaucoup aimé » ou « Les sentiments étaient au rendez-vous » mais je ressens un besoin de plus en plus fort de pouvoir dire exactement ce qui m’a fait ressentir de la joie, de la tristesse ou tout autre sentiment en écoutant une ouverture, un air, un duo, etc. Est-ce une note exécutée à la perfection ? Une technique particulière de chant ? Je ne sais pas. En attentant de savoir par quels moyens je commencerai à combler ce manque, je ne pourrai dire que : « Putain, il maestro a fait un super travail, je suis con, comment j’ai pu bouder cet œuvre, le surnommé opéra des opéras ?, merde, pour la deuxième fois, la voir en live m’a convaincu, presque converti »
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14.03.2012
Le vide rempli l’espace
Vide, bleue, lointaine est la mélancolie. L’opéra a une forte tendance à dilater le temps pour transmettre les plus beaux sentiments, lorsque cette transformation atteint la dimension spatiale, le vide et l’économie de mouvements et décors exaltent ce que la musique exprime. Comment expliquer la force d’un duo passionné lorsque les amants sont si éloignés physiquement par un décor dont les éléments de continuité les unit plus qu’une véritable étreinte ? Pourquoi un simple geste synthétisant l’action est plus puissant que son déroulement entier ? C’est certainement grâce à ce qui est écrit dans la partition de Pélléas et Mélisande.
15:23 Publié dans Opéra | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.02.2012
Une idée française de musique russe
Je n'aurais jamais cru qu'un jour je serais à l'aise dans un baignoire, à l'aise c'est un grand mot, disons que je pouvais profiter d'un spectacle comme si j'étais chez moi, sans chaussures, les pieds sur une chaise ou sur une autre, sur le canapé, assis en tailleur, les jambes de côté de l'autre. Un double voire un triple spectacle se déroulait sous mes yeux, d'un part un miroir dont l'usage date de l'ancienne époque où l'on venait pour être vu me renvoyait une fabuleuse image des spectateurs captivés par la scène. En suite, le spectacle de l'orchestre accompagné des habitudes et tics des musiciens -qui éventuellement pourraient être étudiés sans souci depuis ce canapé-. Finalement, l'objet de ma venue : l’œuvre représentée ce soir là. Cette plantation russe de cerisiers me rappellera toujours la blancheur spectrale d'un intérieur minimaliste bourgeois que j'ai vu il y a des années au théâtre. Ici, j'ai été surpris par la musique des souvenir, des notes entendues chez Lulu et même chez Moussorgsky, des chants représentant bien l'image qu'on a de la Russie mais surtout j'ai aimé ce contraste entre une soirée qui se voulait joviale et le désespoir ambiant dû à la chute imminente. Cerise sur la Volga, le compositeur qui pour une fois été vivant a pu se faire applaudir lorsqu'il est monté sur la scène.
23:30 Publié dans Opéra | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.01.2012
C'est de la folie
C'est en aucun cas une lassitude de l'activité à l'origine de ce que j'écris parfois ici, loin, très loin de là, mais un sentiment de répétition de toujours dire la même chose avec les mêmes mots. (pause déjeuner) Je ne pourrais pas dire pourquoi je croyait la phrase précédente vraie, après relecture des articles concernés, ils ne sont pas si semblables, certes ils traitent tous le même sujet mais depuis des angles différents. Certains s’attachent aux détails vus, d'autres au ressentis, une partie fourni des détails précis voire une séquence d’événements, une autre laisse planer le mystère. Celui-sera peut-être différent, auto-évaluation dans quelques lignes.
Tout est dans la tête, rien n'est réel. Je ne peux pas entendre un orage entre les cordes, les cuivres et les percutions. Les voix dans ma tête chantent comme un quinté non simultané, elles me poursuivent, elles essayent de m'amadouer tantôt avec des chansons d'amour, tantôt avec des chats tragiques, elles ne peuvent me parler que des secrets, je les aime ces voix. Comment croire ces voix qui ne sont pas continues ? Chaque mélodie a un début et une fin parfois aux sonorités empruntées à d'autres mondes, ces sont des vagues discontinues, je ne peux pas me laisser porter et pourtant, je sombre avec elles. Les voix sont devenues des images, des mimiques, des cartes de jeux jetées tel mon sort, je m'en sortirais pas, je suis perdu, depuis le début.
Auto-évaluation : C'est obscure comme texte mais pas assez pour faire ressentir la folie que « La dame de pique » as dépeinte hier. Copie à revoir.
16:03 Publié dans Blog, Opéra | Commentaires (0) | Envoyer cette note


