15.03.2012
Violence verbale
Ne pas savoir exprimer ces émotions peut engendrer de la violence physique, en tout cas cela a été dit une fois il y a des années dans le quotidien de référence. Pas plus tard qu’avant hier en écoutante la complainte de Don Ottavio et les airs de Doña Anna et Doña Elvira, je savais que j’allais m’énerver contre moi-même quelques heures plus tard. Il m’est toujours très simple de dire « C’était triste comme il le fallait », « J’ai beaucoup aimé » ou « Les sentiments étaient au rendez-vous » mais je ressens un besoin de plus en plus fort de pouvoir dire exactement ce qui m’a fait ressentir de la joie, de la tristesse ou tout autre sentiment en écoutant une ouverture, un air, un duo, etc. Est-ce une note exécutée à la perfection ? Une technique particulière de chant ? Je ne sais pas. En attentant de savoir par quels moyens je commencerai à combler ce manque, je ne pourrai dire que : « Putain, il maestro a fait un super travail, je suis con, comment j’ai pu bouder cet œuvre, le surnommé opéra des opéras ?, merde, pour la deuxième fois, la voir en live m’a convaincu, presque converti »
08:21 Publié dans Confession, Opéra | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.02.2012
Onomatopées
Bjoing, on se lève, clac, on referme la porte, clic, on tire sur la gâchette que plus tard pourrira nos nuits. Ding, on entend le tramway arriver, voum, il roule jusqu’à destination. Clic clac, le lit est fait, bouh, bouh je suis adossé à la porte, je ne sais pas où je mets les pieds. Plock, bunk, chaussures, kling, ceinture, boum, poum, manteau, pull, t-shirt, pantalon sont par terre. Bjoing, je m’assois, glm, je ne veux pas échapper, glou glou, j’entends, fschhh, je ressens, hummm, humm, han !, plonk, fschhh, humm, han ! Argh, han ! Slam, il est aux toilettes, j’attends. Mua, smak, on se repose, on se serre, on s’en dort. Zzz, zzz. Bip, bip, bip, slash, bip, bip, bip, mua, smak. Ding, j’entends le tramway arriver, voum, voum. Tic, tic, tic, tic, clic, gzzzt la gâchette se débloque, slash, la porte claque, clac ma porte s’ouvre, boum je tombe dans le lit, z z z, zzz, z z z, je pense à ce qui s’est passé, à ce qui se passera.
12:10 Publié dans Anecdote, Confession, Gay | Commentaires (2) | Envoyer cette note
07.02.2012
Bleu noir
Les murs, le sol, les fauteuils tout est noir dans cet endroit sous terrain. Le temps passe lentement, trop lentement, j'ai l'impression d'aller chercher continuellement de quoi grignoter pour le faire avancer. Même les hommes qui passent et repassent ne constituent pas un vrai spectacle, il ont beau être sportifs, dans cette ambiance morte, ils ne sont pas charmants.
Le bleu de son T-shirt égaie le décor instantanément, je n'ai remarqué que les proportions de son corps, car dans cette pénombre bruyante, il n'était pas possible de s'intéresser au détails. Il m'a tourné continuellement le dos, je voyais seulement ses épaules, sa taille, ses bras, ses fesses et ses jambes. Avant que je sois déçu de ne pas pouvoir accomplir ce que mon imagination aurait pu rêver, je l'ai vu lui parler, puis, s'en approcher, le caresser, timidement, l'embrasser rapidement et je me suis dit pour une fois j'aurais pu avoir toutes mes chances.
08:16 Publié dans Confession | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.01.2012
Crise de la quarantaine
Dans la voiture du chef, celle au moteur sur-dimensionné étonnement silencieux, aux vitres teintées et au système audio performant, lorsqu'il a avoué la raison principale de cette achat, combler une soit disant crise d'âge, quelques instants de mon adolescence ont été déterrés de ma mémoire par les sons dance et house voyagent dans l'air. L'eurodisco 2000, compilation du meilleur européen de ces deux musiques, était sortie quelques 2 ans auparavant. À l'époque, je m'amusait les soirs de vacances et de week-ends à me coucher tard et me lever tôt pour montrer par opposition à ma sœur que je n'aimais pas dormir. Je me maintenais éveillé en perdant mon temps sur l'ordinateur, soit en jouant à Age of Empire, soit en attendant le téléchargement de photos de charmants hommes. Certains soirs, très tard dans la nuit je me préparais une boisson caféinée aromatisée au tequila mais tous les soirs, j'écoutais ma compilation en boucle, je l'ai tellement écouté que je connais encore par cœur l'enchaînement des chansons et à chaque fois que j'entends une j'attends systématiquement qu'elle soit suivie par celle qui la suivait dans mon CD. Cette musique me plongent aussi dans le souvenir d'un certain spleen adolescent car à l'époque j'aurais voulu faire autre chose que passer mes nuits à rêver éveillé devant internet mais ce n'était pas possible.
15:11 Publié dans Anecdote, Confession | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.01.2012
Appartient, appartient pas
Qu'est ce que permet de dire qu'on appartient à un endroit ? Dans la capitale des Alpes françaises, je ne me suis jamais plu, la montagne enneigée a un charme certain, mais l'absence de charisme de cette bourgade qui a trop vite grandi m'exaspérait, parfois je boudais si fortement cet endroit que je m'enfermais 48, voire 72 heures dans ma cage à lapins studio accompagné d'une bon paquet de livres, CDs et DVDs -et une connexion Internet pour le plaisir des yeux...-, cela me permettait certainement de m'évader tout en restant immobile, le tout pour un prix dérisoire car l'abonnement annuel à la bibliothèque et médiathèque devait coûter une douzaine d'euros. Dès mon arrivée au joli grand village que j'habite, j'ai voulu vaincre l'inertie de cette habitude, peu à peu les sorties au cinéma, les concerts et les activités amicales ont supplanté une partie de mes anciennes activités. En même temps, ces activités ont développé deux effets de bord légèrement déplaisants, un mal de tête m'attaque lorsque je ne sors pas de chez moi et mon compte en banque diminue plus rapidement. Puis au fil du temps, j'ai repris une vieille habitude acquise pendant mes jeunes années dans le centre ville et dans le quartier de mon lycée, celle de me promener sans but, pour le simple plaisir de se déplacer et de voir ce qui m'entoure. J'aime passer et repasser devant les monuments, traverser les parcs, places, squares, longer et me perdre dans les rues et avenues, contempler les vaguelettes et les bateaux de celle qui n'a pas de soucis. Tout cela me fait du bien, je me sens appartenir par choix et non par dépit à ce joli village. Cependant, une certaine nostalgie de l'avenir m'envahit souvent, sentiment engendré par la certitude qu'un jour tout ceci ne fera plus partie de mon quotidien et sera remplacé par des souvenirs perlés, je l'espère, des voyages de rappel.
13:57 Publié dans Anecdote, Confession | Commentaires (2) | Envoyer cette note


